Premiers pas.

2020, Roumanie.
18 photographies

Cette série photographique prend pour point de départ une généalogie fragmentaire, héritée de récits familiaux. Mes origines roumaines, transmises par ma grand-mère maternelle sans preuves tangibles, deviennent moins un sujet qu’un territoire de projection. À vingt-cinq ans, j’entreprends un voyage en Roumanie : vingt-sept jours, au coeur de l’hiver, dans un pays dont j’ignore la langue autant que les contours.

La recherche des origines agit ici comme un protocole de déplacement plutôt que comme une recherche de vérité. La photographie devient un moyen d’habiter l’incertitude, de construire une relation au territoire par la rencontre et le déplacement.

Les femmes rencontrées ne constituent pas les pièces d’une histoire familiale à reconstituer. Elles sont des figures de passage, des surfaces de résonance où se croisent mémoire et projection. Les paysages, les intérieurs et les visages participent d’une même cartographie affective.

L’image construit ainsi un territoire photographique situé entre documentaire et fiction autobiographique. Portée par le désir de se perdre soi-même dans le silence hivernal des longs voyages en train, de la Mer Noire jusqu’aux lisières de l’Ukraine, au sein d’une Roumanie intime, je n’ai cessé de rechercher des figures féminines comme autant de projections de mon histoire personnelle.

Dans le bleu du ciel, dans l’appartement aux plafonds hauts de Bucarest, dans la neige sourde, dans les yeux clairs de Marie, dans les nappes brodées de Breb, dans les collines de Transylvanie, j’ai trouvé mille foyers.

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Vues d’exposition

Exposition personnelle

Galerie Lumière d’Encre, Céret, Occitanie, France, 2021

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